Les cristaux de l’éphémère 

 22 mars 2016. Lachine. Montréal. -2’C.


Journée ensoleillée lors d’une promenade en roller blade au parc René Lévesque.  Au bout de la pointe de la presqu’île, gisent sur le sol devant le fleuve, des amats de glaces.  

Empilées les unes par dessus les autres, ces glaces aux formes et aux coupes différentes, appellent à l’observation.  Plus on les regarde, plus on les admire.  Plus on les admire, plus on remarque leur nature.  

Cet aspect cristallin irrésistible.  Des strates enlignées cordées les unes aux autres parvenant à créer cet effet cristal de roche à profusion comme si je venais tout juste de trouver le trésor que je cherchais depuis toujours.  

Des millions de cristaux blancs tous uniques, dont je parerais le cou des femmes et des hommes, tels de beaux bijoux dont j’aurais moi-même créé le design à partir bien sûr, de ce que la pierre m’insufflerait.  La glisser à leurs cous en leur racontant avec bonheur l’histoire, les vertus et les bienfaits de ces pierres semi-précieuses.  

Que ces pierres protectrices, capables de décomposer la lumière dans toutes les nuances de l’arc-en-ciel, s’étaient formées un soir de pleine lune.  Qu’elles avaient été trouvé sur les rives du fleuve St-Laurent,  pourvues d’une absolue neutralité.  Qu’elles étaient nées d’un hiver doux et pluvieux lui conférant un caractère sacré ce qui lui permettrait d’être associées avec toutes les pierres de couleurs.  

Qu’elles s’étaient transformées par l’effet du vent et du soleil procurerait à son porteur une puissante énergie et une revitalisation en profondeur.  

Enivrée par cette trouvaille inespérée une dame qui était tout juste devant moi et dont je n’avais remarqué la présence me dit:   » Avez-vous remarqué le bleu? »  Non, je n’avais pas encore remarqué le bleu, obnubilée par mon trésor.  

Je tournai la tête et vis ce bleu tendre, discret et profond comme si on avait enfoui la couleur en plein coeur de la masse de cristal.  

Comme si ce quartz hyalin s’était tout de même gardé une petite gêne à se dévoiler.   Il s’offrirait à nous seulement si on y accorderait assez de temps pour que naissent ces coloris subtils.  Ou à moins que ce ne soit l’effet du soleil en contre-jours. 

Légendes:  L’aristocratie romaine antique croyait que c’était de la glace qui ne fondrait jamais.  Ils avaient en leur possession d’importants blocs de cristals de roche par lesquels ils se rafraîchissaient les mains les jours de canicules.  Effectivement, le cristal de roche demeure froid très longtemps même lorsqu’il fait chaud.  

Bientôt ce sera le retour des beaux jours.  La chaleur enivrante, les canicules époustouflantes.  Pourrais-je retourner sur les lieux de l’émerveillement et constater à nouveau la beauté et la somptuosité d’un amoncellement de cristal de roche sur les rives du fleuve St-Laurent? 

Peut-être…  Ou encore y verrais-je d’autres merveilles!  À suivre…

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